Le jour où… DSK était arrêté à New York

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Quand l’arrestation de DSK a été annoncée en ‘breaking news’  sur les écrans d’un pub de Brooklyn où je me trouvais, personne n’a vraiment réagi à la nouvelle. D’une part parce que peu de gens connaissaient ce french guy, et que tout le monde, ce samedi soir, était bien trop occupé à boire, en suivant les résultats d’un match de base-ball des Mets d’un côté, et d’un rodéo au Texas de l’autre.

Près de moi, trois filles moches à lunettes habillées comme dans les années 50 sirotaient leurs gin-fizz en écoutant une caricature de Truman Capote parler de son dernier scenario, tandis qu’entre deux bières, un gars dénommé Micky, qui ressemblait à Winston Churchill, sortait de sa léthargie à intervalle régulier pour me beugler dans les oreilles thé au lait et fromage, les deux seuls mots français qu’il avait retenu de ses années de collège.

Dimanche matin, en revanche, les gros titres des journaux populaires faisaient leurs choux gras avec photo à la Une de DSK, surnommé ‘le pervers’ par le New-York Daily, et qualifié de ‘french toast par le New-York Post, – jeu de mot signifiant qu’il est grillé -. Il faut dire que l’histoire du patron du FMI, réputé être un ‘Great séducteur’ et qui fait faire ses costards chez le même tailleur qu’Obama’- , accusé d’avoir violé une femme de chambre de 32 ans dans une suite du Sofitel à 3000 $ la nuit, c’est tout de même plus croustillant à l’heure des croissants!

On a donc appris que la veille, vers une heure de l’après-midi, Dominique Strauss Kahn, surpris nu dans sa salle de bain par une femme de chambre entrée par erreur dans la suite qu’elle croyait vide, se serait jeté sur elle pour lui ôter son ‘pantie’ et l’aurait forcée à lui faire une fellation. Après quoi, il se serait précipité à l’aéroport JFK – en oubliant son portable sur la table de nuit,  – c’est ballot -… Arrêté au moment où il allait monter dans un avion pour rejoindre Angela Merkel en Allemagne, le vert galant de la finance internationale était interrogé par le NYPD dans un commissariat de Harlem, comme dans une vraie série télé américaine.

Le lundi suivant dans la matinée, DSK, encore tout hébété d’être inculpé d’agression sexuelle, tentative de viol et séquestration, était déféré devant la juge Melissa Jackson qui lui refusait une mise en liberté sous caution – 1 million de $ – avant d’envoyer notre ‘héros national’ dans une cellule de Rikers Island, comme un vulgaire délinquant.

La ‘petite faiblesse’ de Dominique pour les femmes, souvent considérée avec indulgence par les milieux politiques et médiatiques qui prennent la goujaterie pour de la galanterie, et confondent « hommage » et harcèlement sexuel est autrement perçu aux Etats-Unis.

Comme la suite de l’affaire l’a révélé, DSK a eu bien du mal à justifier toutes les subtilités de la gauloiserie! Plaidant non coupable, c’est bien évidemment sans intention de nuire et par un malencontreux malentendu qu’il aura poursuivi de ses assiduités la femme de chambre incapable d’apprécier l’immense faveur de ce french lover.

Après avoir sauvé la Grèce de la faillite, Dominique, tel un dieu de l’Olympe, s’était sans doute senti pousser des ailes pour arracher la pauvre ‘maid’ à sa supposée misère sexuelle, dans un glorieux assaut qui fut hélas fatal à notre puissant ami du FMI.

Si la ‘mâle insistance à séduire’ – entendez les mains baladeuses et les serrages d’un peu trop près sans témoins – pouvait encore aboutir à faire taire les femmes il y a 20 ans, les mentalités et les lois ont heureusement évolué pour rendre plus difficile aujourd’hui les tentatives des vieux beaux de forcer la main des femmes en toute impunité. Même celles des femmes de chambre, qui contrairement à l’obstination libidineuse de certains clients, sont employées pour faire les lits et non pour les défaire avec eux!

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Blogue-trotteuse de langue française basée à New-York, son blogue Excuse my French croque le 'rêve américain' - et quelques autres choses - avec de vrais morceaux de tranches de vie, un peu de mauvaise foi et quelques parti-pris !

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